Home – Un film de Yann Arthus-Bertrand
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Ecoutes-moi s’il te plait. Tu es comme moi, un Homo sapiens, l’homme qui pense. La vie, ce miracle dans l’univers, est arrivée il y a presque quatre milliards d’années et nous les hommes il y a seulement deux cent mille ans. Et pourtant nous avons réussi à bouleverser cet équilibre si essentiel à la vie sur terre. Écoutes bien cette histoire extraordinaire qui est la tienne et décides ce que tu veux en faire.

Voici les traces de nos origines. Au commencement, notre planète n’était qu’un chaos de feu, un amas de poussières agglutinées semblable à tant d’autres dans l’univers. Et pourtant ici est né un miracle, la Vie. Aujourd’hui, cette vie, notre vie n’est que le maillon d’une chaîne reliant d’innombrables êtres vivants qui se succèdent depuis près de quelques quatre milliards d’années.

Aujourd’hui encore, les volcans continuent de sculpter nos paysages, et nous permettent de voir ce qu’était notre Terre à sa naissance : un magma de roches surgissant des profondeurs qui se figent, se craquèlent, se boursouflent avant de s’éteindre pour un temps.

Ces fumées, issues des entrailles de la Terre sont des traces de l’atmosphère des origines. Une atmosphère dépourvue d’oxygène, une atmosphère épaisse, pleine de carbone, chargée de vapeur d’eau, une fournaise. Et puis la Terre s’est refroidie. La vapeur d’eau s’est condensée pour retomber en pluies diluviennes. A bonne distance du soleil, ni trop éloignée, ni trop proche, la Terre est en parfait équilibre pour conserver l’eau sous forme liquide.

L’eau trace ses chemins, ils sont comme les veines d’un corps, les branches d’un arbre, les vaisseaux de la sève qu’elle apportera à la Terre. Les rivières arrachent à la roche ses minéraux. Elles les apportent peu à peu à l’eau douce des océans et les océans se chargent de sel.

D’où venons-nous ? Où donc a jailli la première étincelle de la vie ?

Miracle du temps, les formes de vie primitives existent toujours dans les sources chaudes du globe. Ce sont elles qui leur donnent leur couleur, on les appelle les archébactéries, Toutes se nourrissent de la chaleur de la Terre, sauf une, la cyanobactérie ou algue bleu verte. Elle seule a la capacité de se tourner vers la lumière du soleil pour capter son énergie. Elle est un des ancêtres majeurs de toutes les espèces de plantes d’hier et d’aujourd’hui. Cette petite bactérie et ses milliards de descendants vont changer le destin de notre planète. Ils vont transformer notre atmosphère.

Où est le carbone qui remplissait le ciel ?

Il est toujours là mais il est emprisonné dans les roches qui couvrent la Terre. Ici s’étendait autrefois un océan peuplé de minuscules organismes. Ils puisaient le carbone dissous de l’atmosphère pour fabriquer leur coquille. Ces strates de roches, ce sont les coquilles accumulées de ces milliards de milliards d’organismes microscopiques. Grâce à eux, le carbone a quitté l’atmosphère et une autre vie pouvait commencer.

C’est le vivant qui a modifié l’atmosphère. Le végétal se nourrit de l’énergie du soleil et lui permet de casser la molécule d’eau et d’en prendre l’oxygène. Et l’oxygène remplit l’air. Le cycle de l’eau sur Terre est un éternel recommencement. Chute, vapeur d’eau, nuage, pluie, source, rivière, fleuve, mer, océan, glacier, jamais le cycle ne se rompt, c’est toujours la même quantité d’eau sur la Terre, c’est la même que boivent toutes les espèces qui se sont succédées.

Incroyable matière que l’eau, l’une des plous instables entre toutes. Elle prend la forme liquide de l’eau courante, gazeuse de la vapeur d’eau ou solide de la glace.

En Sibérie, la surface glacée des lacs en hiver porte les forces que l’eau développe en gelant. Plus légère que l’eau, la glace flotte et forme un manteau protecteur sous lequel la vie peut continuer.

Le moteur de la vie, c’est le lien. Tout est lié, rien ne se suffit en soi. L’eau et l’air sont inséparables, unis pour la vie et notre vie sur Terre. Tout est partage. Cette lointaine tâche verte à la percée des nuages est la source de l’oxygène de l’air. Les 70% de ce gaz indispensable à nos poumons proviennent de ces algues qui colorent la surface des océans. Notre Terre repose sur un équilibre où chacun a sa place, n’existe que dans l’existence de l’autre. Un équilibre subtil, fragile, qu’un rien peut rompre.

Ainsi les coraux naissent d’un mariage, celui d’une algue et d’un coquillage. Ils couvrent moins de 1% de la surface des océans mais ils abritent des milliers d’espèces de poissons, d’algues et de mollusques. L’équilibre de tous les océans en dépend. La Terre ne calcule le temps qu’en milliards d’années. Il lui en a fallut plus de quatre pour créer l’arbre. Dans la chaîne des espèces, l’arbre est un aboutissement en soi, une sculpture vivante et parfaite. L’arbre est un défi à l’apesanteur. Il est le seul élément naturel en mouvement perpétuel vers le ciel. Il croit sans hâte vers la lumière dont son feuillage se nourrit. Il a hérité de cette minuscule cyanobactérie le pouvoir de capturer l’énergie lumineuse. Il l’accumule et s’en nourrit pour la transformer en bois et en feuille. Cette matière se décompose ensuite dans un mélange d’eau, de minéral, de végétal et de vivant. Et ainsi, peu à peu, se forment les sols. Les sols fourmillent d’une activité incessante où des microorganismes se nourrissent, creusent, aèrent, transforment, Ils fabriquent l’humus, ce manteau fertile à laquelle toute vie est liée sur les continents.

Que savons-nous de la vie sur Terre, combien d’espèces connaissons-nous ?

Un dixième, un centième peut-être, que savons-nous des relations qui se nouent entres ? La Terre est un miracle, le vivant reste un mystère. Des familles d’animaux se sont formés, soudées entre elles par des habitudes et des rites qui se perpétuent de générations en générations. Certains se sont adaptés à la nature de leur pâturage et leur pâturage s’est adapté à eux.

Chacun y trouve son compte, l’animal pour sa faim, l’arbre pour de nouveaux bourgeons. Dans la grande aventure de la Terre, chaque espèce a son rôle, chaque espèce a sa place. Aucune n’est inutile ou nuisible, toutes s’équilibrent. Et c’est là que toi, oui toi Homo sapiens, l’homme qui pense, tu apparais dans cette histoire. Tu profites du fabuleux héritage de plus de quater milliards d’années que te donnes la Terre. Tu n’as que deux cent mille ans et tu vas changer la face du monde.

Pourtant fragile, tu vas conquérir tous les milieux, prendre possession de territoires entiers comme aucune autre espèce ne l’avait fait avant toi. Après plus de cent quatre vint mille ans d’errance, grâce à un climat plus clément, l’homme se fixe, il ne dépend plus seulement de la chasse pour survivre. Il choisit pour s’établir les contrées humides où abondent le poisson, le gibier et les plantes sauvages. Là où se mêlent la terre, le vivant et l’eau.

Aujourd’hui encore, la majeure partie de l’humanité vit le long des côtes, sur les rives des fleuves, des rivières et des lacs. Sur la planète, une personne sur quatre vit toujours comme l’humanité pouvait vivre il y a six mille ans, sans autre énergie que

celle que la nature fournit saisons après saisons. C’est la vie de plus d’un milliard et demi d’êtres humains. Plus que toute la population des pays riches réunis. Mais l’espérance de vie est courte, le labeur pénible, les aléas de la nature pèse sur l’existence quotidienne.

L’éducation est rare. Les enfants sont la seule richesse tant l’homme a besoin de bras pour assurer sa subsistance. Le génie de l’homme est d’avoir toujours eu l’intuition de sa faiblesse. L’énergie physique, la force que la nature ne lui a pas donné, il va les chercher dans l’animal qui l’aide dans la découverte de nouveaux territoires.

Mais comment conquérir le monde la faim au ventre ?

L’invention de l’agriculture a bouleversé notre histoire. C’était il y a moins de dix mille ans. Elle fût notre première grande révolution. Elle nous a apporté nos premiers surplus. Nous avons fondé nos villes et nos civilisations. Le souvenir des millénaires de cueillette sauvage est effacé. Les céréales dont nous avons fait le levain de notre vie, nous en avons multiplié les variétés. Nous avons appris à les marier avec nos terroirs et nos climats. Nous sommes comme toutes les espèces sur la Terre, notre inquiétude première est de se nourrir chaque jour. Quand le sol est moins généreux et l’eau plus rare, nous avons déployé des prodiges pour extraire de la terre notre subsistance. Les hommes ont modelé les espaces avec la patience et l’abnégation que la terre exige, comme un sacrifice sans cesse recommencé.

L’agriculture est toujours le premier métier du monde. La moitié de l’humanité cultive encore la terre et plus des trois-quarts le fait à la main. L’agriculture est comme une tradition qui se transmet de génération en génération, dans la sueur, le travail et la peine parce qu’elle est pour l’humanité la condition même de sa survie. Cette énergie que l’homme cultive à la force de ses bras, il va la faire jaillir un jour des profondeurs de la Terre. Ces flammes, c’est encore du végétal, une poche de soleil, de l’énergie pure, l’énergie du soleil captée pendant des millions d’années par des millions de végétaux il y a plus de cent millions d’années. C’est le charbon, c’est le gaz et c’est surtout le pétrole. C’est cette poche de soleil qui nous a libéré du travail de la terre.

Avec le pétrole, s’est ouvert le temps de l’homme qui s’affranchit du temps. Avec le pétrole, certains d’entre nous ont connu un confort comme jamais l’humanité n’en a bénéficié et en cinquante ans, nous avons modifié la terre plus rapidement que tous les hommes qui nous ont précédé.

Tout s’accélère. Au cours des soixante dernières années, la population du globe a presque triplé et plus de deux milliards d’hommes ont rejoint les villes.

Tout s’accélère. Cette ville, Shenzhen en Chine avec ses centaines de gratte ciel et ses millions d’habitants était encore un petit village de pêcheurs il y a à peine quarante ans.

Tout s’accélère. A Shanghai, trois mille tours et gratte-ciel ont été érigés en vingt ans. Des centaines sont encore et encore en construction. Aujourd’hui, sur sept milliards d’humains, plus de la moitié vit dans les villes.

New York, la première mégapole du monde, est le symbole de l’exploitation de toutes les énergies offertes par la Terre au génie des hommes. La force des bras de millions d’immigrés, l’énergie du charbon, la puissance décuplée du pétrole. L’Amérique a été la première à utiliser la puissance nouvelle et prodigieuse de l’or noir. Dans les campagnes, les machines ont remplacé les hommes. Un litre de pétrole fournit autant d’énergie que cent paires de bras pendant 24h. Mais dans le monde seulement 3 % des paysans dispose d’un tracteur. Cependant, leur production domine la planète. Aux Etats-Unis, il ne reste que plus que trois millions de fermiers. Leur seule production céréalière pourrait nourrir deux milliards de personnes. Mais ici, comme dans tous les pays industrialisés, ces céréales sont d’abord transformées en nourriture pour le bétail et en agro carburant.

L’énergie des poches de soleil éloigne le spectre des sécheresses qui hantait l’agriculture. Aucune source d’eau n’échappe à une agriculture qui prélève 70 % de l’eau consommée par toute l’humanité. Dans la nature, tout est lié. L’extension des surfaces cultivées et les monocultures drainent une faune encore plus grande de parasites. Les pesticides, autre cadeau de la pétrochimie, les extermine. Adieu les mauvaises récoltes et les menaces de famine. L’agriculture produit tant qu’il faut désormais gérer les surplus. Mais la majeure partie de ces produits toxiques se disperse dans l’air, les sols, les plantes, les animaux, les cours d’eau, les océans. Ces substances sont-elles nuisibles à l’espèce humaine qu’elles ont délivrée de la faim ? Ces agriculteurs, protégés par leur combinaison jaune, le savent sûrement.

Les engrais enfin. Ils ont encore issus de l’industrie pétrolière. Ils apportent une fertilité inespérée à n’importe quelle parcelle délaissée par les hommes. Les espèces adaptées au sol et au climat laissent la place aux espèces les plus productives, les plus faciles à transporter. C’est ainsi qu’en un siècle, les trois-quarts des variétés que l’homme avait sélectionnées pendant des millénaires ont disparu. A perte de vue, engrais dessous, plastiques dessus, les serres du désert d’Almeria sont le potager de l’Europe. Une ville de légumes bien calibrée attend chaque jour les centaines de camions qui vont les porter dans les supermarchés.

Plus un pays se développe, plus ses habitants consomment de la viande. Comment satisfaire une demande croissante dans le monde sans concevoir des élevages de bovins quasi concentrationnaires ?

Tout s’accélère : fabriquer de la viande plus vite que l’animal est devenu une routine quotidienne. Dans l’immensité de ces corrals piétinés par des millions de bêtes, pas une herbe ne pousse. Une noria de camions venant de tous les horizons du pays apportent des tonnes de céréales, soja et granulés hyperconcentrés qui se transformeront en tonnes de viande.

Bilan : Il faut cent litres d’eau pour produire un kilo de pomme de terre, quatre mille pour un kg de riz, treize mille pour un kg de boeuf, sans compter le pétrole pour sa production et son transport. Notre agriculture est devenue une agriculture pétrolière. Elle nous a permis de nourrir deux fois plus d’être humains sur la terre. Mais elle a remplacé la diversité par la standardisation. Elle a permis d’offrir à beaucoup d’entre nous un confort inespéré. Mais elle rend notre mode de vie totalement dépendant du pétrole.

Voici la nouvelle mesure de notre temps. L’horloge de notre montre bat désormais au rythme de ces mécaniques infatigables posées sur la poche de soleil. La planète entière écoute ce murmure qui berce nos espérances et nos illusions. Elles prolifèrent avec nos besoins, nos désirs toujours insatiables et nos gaspillages. Nous savons que la fin due ce pétrole bon marché s’annonce, mais nous ne voulons pas le croire.

Pour beaucoup d’entre nous, le rêve américain s’incarne dans le nom d’une cité emblématique, Los Angeles. Dans cette ville qui s’étire sur plus de cent kilomètres, le nombre des voitures est quasi égal au nombre d’habitants. Chaque nuit s’y joue la fantastique parade de l’énergie. Les jours ne semblent plus être qu’un pâle reflet de ces nuits qui font de la ville un ciel étoilé.

Tout s’accélère, les distances ne se comptent plus en miles mais en minutes. L’automobile redessine les nouvelles banlieues du chacun chez soi où les pavillons sages sont rangés sur le chandelier de rues sans issue. Ce modèle des pays bien heureux est devenu un rêve universel propagé par tous les téléviseurs du monde.

Même ici à Pékin, les pavillons standardisés ont effacé les pagodes. L’automobile est devenue le symbole des sociétés du bien-être et du progrès. Si ce modèle était suivi par tous, la planète ne compterait non plus neuf cent millions de véhicules mais cinq milliards. Tout s’accélère.

Plus le monde se développe, plus la soif d’énergie croit. Partout des machines fouillent, retournent arrachent à la terre les minerais enfouis dans ses profondeurs depuis sa création. Privilège de la puissance, les 80 % de cette richesse souterraine sont consommés par 20 % de la population du globe. Avant la fin du siècle, cette exploitation sans mesure aura épuisé la quasitotalité des réserves de la planète.

Tout s’accélère. Les chantiers navals fabriquent à la chaîne : pétroliers, porte conteneurs, méthaniers pour transporter une production industrielle mondialisée. La plupart des biens de consommation parcourent des milliers de kilomètres entre les pays qui les produisent et ceux qui les consomment.

Depuis 1950, les échanges internationaux ont été multipliés par vingt. 90 % de ces échanges transitent par la voie maritime. Cinq cent millions de conteneurs sont transportés chaque année et rejoignent les grands centres de consommation du monde, comme Dubaï. Dubaï est une sorte d’aboutissement du modèle occidental. C’est le pays où même l’impossible devient possible, comme de dessiner des îles sur la mer. Dubaï a peu de ressources naturelles mais avec l’argent du pétrole, elle peut faire venir des millions de tonnes de matériaux, des ouvriers du monde entiers et édifier les gratte-ciels les plus hauts du monde. Dubaï n’a pas de champs mais elle peut importer sa nourriture. Dubaï n’a pas d’eau mais elle peut dessaler l’eau de mer au prix d’une énergie considérable. Dubaï a du soleil à n’en plus finir mais elle ignore les panneaux solaires. C’est le totem d’une modernité totale devant laquelle la Terre entière ne cesse de s’étonner. Dubaï est comme le nouveau phare de tout l’argent du monde. Rien ne semble plus éloigné de la nature que Dubaï alors que rien ne dépend plus de la nature que Dubaï. Cette ville n’a fait que suivre le modèle des pays riches. Nous n’avons pas pris conscience que nous sommes en train d’épuiser ce que la nature nous offre.

Depuis 1950, les prises de pèche sont passées de dix-huit à cent millions de tonnes par an, soit cinq fois plus. Des milliers de bateaux usines vident les océans. Les trois-quarts des zones de pêche sont épuisés, en déclin ou à la limite de l’être. La plus part

des grands poisons ont disparu faute d’avoir eu le temps de se reproduire. Nous sommes en train de casser le cycle d’une vie qui nous était offerte. Au rythme actuel des prises, l’ensemble des ressources de pêche est menacé d’épuisement. Et pourtant le

poisson est l’aliment de base d’un homme sur cinq sur la planète.

Les ressources sont rares, nous l’avons oublié. Cinq cent millions d’hommes habitent les contrées désertiques du monde. Davantage que toute la population européenne réunie. Ils connaissent la valeur de l’eau. Ils savent aussi l’utiliser avec économie. Ici, ils dépendent de puits alimentés par une eau fossile accumulée dans ce sol quand la pluie tombait encore dans ce désert.

Elle a 25 000 ans. Cette eau fossile a permis d’étendre les cultures dans les desserts pour mieux nourrir les populations. Ces champs arrondis sont dessinés par les carrousels qui les irriguent. Mais le prix à payer est lourd. Cette eau fossile ne se renouvelle pas ou très peu. En Arabie Saoudite, le rêve d’une agriculture industrielle dans le désert s’efface. Ces points clairs qui semblent posés sur un parchemin sont les traces des parcelles abandonnées. Les carrousels d’irrigation sont toujours là, l’énergie pour pomper aussi mais l’eau s’épuise.

Israël a fait d’un désert un pays agricole. Même si ces serres sont désormais irriguées au goutte à goutte, les besoins en eau ne cessent d’augmenter avec les exportations. La rivière du Jourdain n’est plus qu’un mince filet d’eau. Son eau s’en est allée, en partie dans des barquettes de légumes et de fruits vers les supermarchés du monde.

Le sort du Jourdain n’est pas unique. Sur la planète, un grand fleuve sur dix n’atteint plus la mer pendant plusieurs mois par an.

Privé du Jourdain, le niveau de la mer Morte baisse de plus un mètre chaque année.

L’Inde risque d’être le pays le plus touché par le manque d’eau au cours de ce siècle. L’irrigation massive a permis de nourrir la population croissante. Et en cinquante ans, vingt et un millions de puits y ont été creusés. Mais dans de nombreuses régions du pays, il faut puiser l’eau de plus en plus profondément. Dans l’ouest de l’Inde, le tiers des puits a été abandonné. Les nappes d’eau souterraines s’assèchent. Ces immenses réservoirs recueilleront l’eau de la mousson pour recharger l’eau des nappes. Pendant la saison sèche, les femmes des villages les creusent à la main.

À des milliers de kilomètres, on dépense huit cent à mille litres d’eau par jour et par personne. Las Vegas a été créé en plein désert. Des millions de personnes y vivent, des milliers d’autres les rejoignent chaque mois. Les habitants de Las Vegas sont parmi les plus grands consommateurs d’eau au monde.

Palm Springs est une autre ville du désert. Avec sa végétation de pays humide et ses impeccables parcours de golf. Mais combien de temps ce mirage peut-il prospérer ? Combien de temps ? La Terre ne peut plus suivre ce rythme effréné. Le Colorado qui alimente ces villes est un de ces fleuves qui n’atteignent plus la mer. Le niveau des nappes de réserve aménagées sur son cours s’effondre.

Le manque d’eau pourrait toucher près de deux milliards de personnes dans le monde avant 2025. Les zones humides couvrent 6 % de la surface de la planète. Sous leurs eaux calmes se cache une véritable usine où plantes et microorganismes prennent le temps de filtrer l’eau et de digérer toutes les pollutions. Ces marais sont des milieux indispensables à la régénération de l’eau et à sa purification. Ce sont des éponges, qui régulent le flux des eaux. Ils l’absorbent à la saison humide et le restitue à la saison seiche. Dans notre course à la conquête des terres, nous les avons accaparés pour faire paître notre bétail. Pour l’agriculture, pour y construire nos maisons. Au siècle dernier, nous avons asséché la moitié des marais du monde. Nous ne connaissions ni leur richesse, ni leur rôle. Tout est vivant, tout est lié. L’eau, l’air, le sol, les arbres. Toute la magie du monde se déroule sous nos yeux.

Les arbres respirent et renvoient l’eau du sol en brume légère dans l’atmosphère. Ils forment un manteau qui atténue la violence des pluies. Ils apportent l’humidité nécessaire à toute vie. Les forêts stockent le carbone. Elles en contiennent davantage que toute l’atmosphère de la terre. Elles sont l’une des pierres angulaires de l’équilibre climatique dont nous dépendons tous. Les arbres des forêts primaires abritent les trois-quarts de la biodiversité de la planète. C’est-à-dire de tout ce qui vit sur terre.

Ces forêts apportent les remèdes qui nous guérissent. Les substances que secrètent ces plantes, notre corps peut les reconnaître. Nos cellules parlent le même langage. Nous sommes de la même famille. Mais en à peine quarante ans, la plus grande forêt de la planète, l’Amazonie a perdu un cinquième de sa surface.

La forêt fait place à l’élevage et à la culture de soja. 95 % de ce soja servira à nourrir le bétail et les volailles d’Europe et d’Asie. Et voilà comment on transforme une forêt en viande. Bornéo. La quatrième plus grande île du monde étati couverte il y a à peine vingt ans d’une vaste forêt primaire. Au rythme de la déforestation actuelle, elle risque de disparaître totalement avant dix ans. Le vivant est le lien entre l’eau, l’air, la terre et le soleil. A Bornéo, c’est ce lien qui se brise dans ce qui fut l’un des plus grands réservoirs de la biodiversité sur Terre.

La raison de ce désastre ? Bornéo s’est tourné vers la production d’huile de palme. L’une des huiles les plus productives et les plus consommées au monde. Une grande partie de l’huile de palme alimente notre demande croissante en produits alimentaires. Mais aussi en cosmétiques, en détergents, et de plus en plus en agrocarburants. La diversité de la forêt à fait place à une seule espèce : le palmier à huile. Pour la population locale, c’est une source d’emploi, c’est de l’industrie agricole. Autre exemple de déforestation massive : l’eucalyptus. L’eucalyptus sert à fabriquer

de la pâte à papier. Les plantations s’étendent à mesure que la consommation papier s’accroît. Cette consommation a été multipliée par cinq en cinquante ans. Au pied de ces eucalyptus, plus rien ne pousse. Car leurs feuilles forment une litière toxique à la plus part des autres végétaux. Leur croissance est rapide. Mais elle épuise les ressources en eau. Soja, huile de palme, eucalyptus, la déforestation détruit l’essentiel pour produire le superflu. Mais ailleurs, on déforeste pour survivre. Plus de deux milliards de personnes sur la planète dépendent encore du charbon de bois. Près du tiers de la population mondiale. A Haïti, l’un des pays les plus pauvres au monde, le charbon de bois est l’un des principaux produits de consommation. Haïti était la perle des Antilles.

Aujourd’hui, le pays ne peut assurer sa subsistance sans l’aide de l’étranger. Sur les collines d’Haïti, il ne reste que 2 % des forêts. Mis à nu, le sol n’est plus retenu. Emporté avec les eaux de pluie, il dévale les collines et ruisselle jusqu’à la mer. Les sols sont de moins en moins cultivables.

Dans certaines régions de Madagascar, l’érosion est spectaculaire. Les collines entières se creusent de plaies sur ces centaines de mètres de large. Le sol est une fabrication du vivant, mince et fragile. Avec l’érosion, la fine couche d’humus qui avait mis des milliers d’années à se former a disparu.

Voici une théorie de l’histoire des Pascuans sur l’Ile de Pâques. Elle peut peut-être nous amener à réfléchir. Ici, sur l’île la plus isolée au monde, les habitants ont exploité leur ressources jusqu’au bout. Leur civilisation n’y a pas survécu. Il ya avait sur ces terres les palmiers les plus hauts du monde. Ils ont disparu. Les Pascuans les ont exploité jusqu’au dernier. Ils durent ensuite endurer une érosion générale de leurs sols. Les Pascuans ne pouvaient plus pêcher, ils n’avaient plus d’arbres pour construire leurs pirogues. Pourtant, ils furent une des plus brillantes civilisations du

Pacifique. Des agriculteurs habiles, des navigateurs, des sculpteurs exceptionnels. Ils ont été pris dans l’étau de la surpopulation et de l’épuisement des ressources. Ils connurent les violences sociales, les révoltes et la famine. Nombre d’entre eux n’ont pas survécu à ce cataclysme. Le vrai mystère de l’Ile de Pâques n’est plus de savoir comment sont arrivées ces étranges statues sur l’île mais de comprendre pourquoi les Pascuans n’ont pas réagi à temps. Ce n’est qu’une théorie parmi d’autres mais c’est celle qui nous intéresse.

Depuis 1950, la population mondiale a presque triplé et depuis 1950, nous avons davantage modifié notre île, la Terre, que pendant nos 200 000 ans d’histoire. Le Nigeria est le premier pays exportateur de pétrole du continent africain. Pourtant, 70 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. La richesse est là mais les habitants n’y ont pas accès.

C’est une vérité mondiale, la moitié des pauvres de la planète vit dans des pays riches en ressources. Notre mode de développement n’a pas honoré ses promesses. En cinquante ans, les écarts de richesse se sont creusés comme jamais. Aujourd’hui la moitié de la richesse mondiale est détenue par 2 % des plus riches. De telles disparités peuvent-elles encore durer ? Ce sont ces disparités qui provoquent des mouvements de population dont nous n’avons pas vraiment pris conscience.

La ville de Lagos comptait moins de 700 000 habitants en 1960, elle en comptera 16 000 000 en 2025 ! Lagos est l’une des mégapoles qui croit le plus vite au monde. Ces nouveaux citadins sont principalement des paysans contraints de fuir les campagnes à cause des difficultés économiques, de la démographie et de la disparition des ressources. Cette croissance urbaine est tout à fait nouvelle, car elle a pour moteur la pauvreté et non la richesse.

Chaque semaine dans le monde, plus un million d’habitants s’ ajoutent à la population des villes. Chaque semaine ! Un être humain sur six vit dans un habitat précaire, insalubre, surpeuplé sans accès aux installations nécessaires à la vie courante. Eau, toilette, électricité.

La faim croit de nouveau, elle frappe aujourd’hui près d’un milliard de personnes. Dans les poubelles du monde, les plus pauvres fouillent pour leur survie alors que nous continuons à creuser en quête de ressources que nous croyons indispensables.

Nous cherchons de plus en plus loin des territoires jusqu’ici épargnés et dans des gisements de plus en plus difficiles à exploiter.

Si nous ne changeons pas de modèle, le pétrole liquide risque-t il de nous manquer, nous pouvons extraire un pétrole mélangé aux sables bitumineux du Canada. Les plus gros camions du monde déplacent le sable par milliers de tonnes. On brasse, on chauffe, on décante. On dépense des millions de mètres cubes d’eau pour séparer le bitume du sable. La dépense d’énergie est colossale et la pollution catastrophique. Rien ne semble plus urgent que de vider toutes les poches de soleil. Nos pétroliers sont de plus en plus grands. Notre demande en énergie augmente sans cesse. Nous voulons alimenter notre croissance comme un four sans fond, exigeant toujours plus de combustibles.

C’est une histoire de carbone, ce carbone qui faisait de notre atmosphère une fournaise, que la nature avait capter pendant des millions d’années permettant à la vide de se développer, nous en rejetons une grande partie en quelques décennies. L’atmosphère chauffe. L’image de ce bateau à cet endroit était encore impossible il y a quelques années à peine. Transport, industrie, déforestation, agriculture, nos activités rejettent des quantités gigantesques de dioxyde de carbone. Sans nous en rendre compte le moins du monde, molécule par molécule, nous avons bouleversé l’équilibre climatique de la Terre.

Tous nos regards sont tournés vers les pôles. Nulle part ailleurs, on ne voit mieux le changement climatique tant annoncé se réaliser. Il va vite, très vite. Le passage du Nord Ouest qui relie à travers les pôles l’Amérique, L’Asie et l’Europe se libère. La glace de la banquise arctique fond.

Sous l’effet du réchauffement, la banquise a perdu 40 % de son épaisseur en quarante ans. Sa surface en été se réduit d’année en année. Elle pourrait disparaître avant 2030, certains disent 2015. Les rayons du soleil, que la surface glaciaire renvoyait vers le ciel, pénètre désormais dans l’eau sombre et la réchauffe. Le réchauffement s’accélère. Dans ces glaces se lisent des archives de notre climat. Jamais la concentration de dioxyde de carbone n’a été si élevée depuis plusieurs centaines de milliers d’années. L’homme n’a jamais connu pareille atmosphère.

Notre exploitation démesurée des ressources menace-t elle la vie des espèces ? Le changement climatique accélère la menace. Avant 2050, le quart de toutes les espèces vivantes sur terre pourrait être menacé de disparition. Dans ces régions polaires, l’équilibre de la biodiversité est déjà bouleversé. Autour du pôle Nord, la banquise a perdu 30 % de sa surface en trente ans. Et avec le réchauffement accéléré du Groenland, c’est l’eau douce de tout un continent qui rejoint l’eau salée des océans. Dans ses glaces, le Groenland retient 20 % des eaux douces de la planète. Leur fonte entraînerait une élévation du niveau des mers de près de sept mètres. Pourtant, aucune industrie n’est installée ici. La calotte du Groenland subit les émissions des gaz à effets de serre rejetés ailleurs sur la Terre.

Notre écosystème ne connaît pas les frontières. Où que nous soyons, nos actions se répercutent sur l’ensemble de la terre. L’atmosphère de notre terre est une et indivisible. Elle est notre bien commun. À la surface du Groenland, des lacs éclosent dans le paysage. La calotte glaciaire a commencé à fondre à un rythme que même les scientifiques les plus pessimistes n’imaginaient pas il y a moins de 10 ans. Les bédières, ces rivières glaciaires, se multiplient et se rejoignent et crèvent la surface. On pensait de leur eau gèlerait dans l’épaisseur de la calotte. Au contraire, elle coule jusque sous la glace. Elle entraîne la calotte qui glisse plus rapidement vers la mer et se brise en iceberg. L’eau douce des glaces du Groenland s’ajoute peu à peu à l’eau salée des océans, menaçant les terres basses de la planète. Le niveau des mers monte

La dilatation des eaux sous l’effet de la chaleur a provoqué au cours du seul 20ème siècle une hausse de 20cm. Tout se dérègle.

Les coraux par exemple sont extrêmement sensibles aux moindres changements de la température des eaux. 30 % ont déjà disparu. Ils sont un maillon essentiel dans la chaîne continue des espèces. Dans l’atmosphère, les grands vents voient leur trajectoire se modifier. Le cycle des pluies est altéré. La géographie des climats change. Les habitants des îles basses, comme ici aux Maldives, sont les premiers menacés. Leur inquiétude grandit. Certains sont déjà à la recherche de nouvelles terres d’accueil.

Que feront les grandes villes côtières comme Tokyo, la plus peuplée du monde, si la hausse du niveau des mers continue de s’accélerer ?

D’années en années, les prévisions des scientifiques sont de plus en plus alarmantes.

Les plaines côtières abritent plus de 70 % de la population mondiale. Onze des quinze plus grandes villes du monde sont établies sur les côtes ou sur les estuaires des fleuves. Avec la montée des mers, le sel envahirait la nappe phréatique privant les

habitants d’eau potable. Les phénomènes migratoires seront inévitables. La seule incertitude sera leur ampleur.

Le Kilimandjaro en Afrique a changé de visage, 80 % de ses glaciers ont disparu. L’été, les rivières ne coulent plus. Les populations sont touchées par le manque d’eau. Même sur les plus hauts sommets du monde, au coeur de la chaîne de l’Himalaya. Les neiges éternelles et les glaciers reculent. Pourtant, ces glaciers jouent un rôle essentiel dans le cycle de l’eau. Ils conservent l’eau des saisons pluvieuses sous forme de glaces, pour la restituer dans la fonte des neiges l’été. Les glaciers de l’Himalaya sont la source des grands fleuves de l’Asie. Le Gange, le Mékong, le Yang Zée Jiang, l’Indus, tous y prennent leur source. Deux milliards de personnes en dépendent pour l’eau potable et l’irrigation de leurs cultures comme au Bangladesh. Situé sur le delta du Gange et du

Brahmapoutre, le Bangladesh est directement touché par les phénomènes qui se produisent dans l’Himalaya et au niveau des mers. Le pays est l’un des plus peuplés et des plus pauvres du monde. Il subit déjà le changement climatique. Sous les effets des inondations et des ouragans de plus en plus intenses, un tiers de sa surface pourrait disparaître. Les pays riches ne seront pas épargnés, partout les sécheresses se succèdent sur la planète. En Australie, la moitié des terres est déjà touchée. Cet équilibre climatique qui a permis notre développement depuis douze mille ans, nous sommes en train de le compromettre. Les incendies se multiplient jusqu’aux portes des grandes villes. À leur tour, ils accentuent le réchauffement. Les arbres brûlés libèrent leur carbone en masse. Le système qui régit notre climat est complètement perturbé. Les éléments sur lesquels il repose sont perturbés.

L’horloge du changement climatique est là, dans ces paysages magnifiques. Nous sommes en Sibérie. Où comme dans d’autres endroits du globe, il fait si froid que les sols restent gelés en permanence. Ce sol, c’est le permafrost, sous sa surface se cache

une véritable bombe climatique, le méthane. Le méthane est un gaz à effet de serre vingt fois plus puissant que le dioxyde de carbone. Si ce permafrost fondait, le dégagement de méthane provoquerait un emballement de l’effet de serre dont nul ne peut prévoir les conséquences. Un emballement qui nous emmènerait vers une terre inconnue. Il ne reste pas plus de dix ans à l’humanité pour inverser la tendance et éviter de franchir la frontière de ces terres inconnues qui serait désormais la nôtre. Nous avons engendré des phénomènes qui nous dépassent. Depuis les origines, l’eau, l’air, la matière, le vivant sont intimement liés.

Et depuis peu, nous brisons ces liens. Ne nous voilons pas la face. Ce que nous savons, il faut le croire. Tout ce que nous venons de voir nous ressemble. Nous avons fait la terre à notre image. Il nous reste peu de temps pour changer. Comment ce siècle pourra-t-il porter le poids de 9 milliards d’êtres humains. Si nous n’acceptons pas de faire enfin les comptes de tout ce dont nous sommes les seuls responsables.

20 % des hommes consomment 80 % des ressources de la planète. Les dépenses militaires mondiales sont douze fois plus élevées que l’aide au développement.

5 000 personnes meurent chaque jour à cause de l’eau insalubre. Un milliard d’hommes n’ont pas accès à l’eau potable un milliard de personnes ont faim Plus de 50 % des céréales commercialisées dans le monde sont destinées à l’élevage et aux agro-carburants. 40 % des terres cultivables sont dégradées. 13 millions d’hectares de forêt disparaissent chaque année. Un mammifère sur 4, un oiseau sur huit, un amphibien sur trois sont menacés d’extinction. Les espèces s’éteignent à un rythme 1000 fois supérieur au rythme naturel. Les trois quarts des ressources de pêches sont épuisés, en déclin ou à la limite de l’être. La température moyenne des 15 dernières années a été la plus élevée jamais enregistrée. La banquise a perdu 40 % de son épaisseur en 40 ans. Il pourrait y avoir 200 millions de réfugiés climatiques avant 2050.

Le compte de nos actions est lourd, d’autres que nous en payent le prix sans en avoir été partie prenante. J’ai vu des camps de réfugiés aussi vastes que des villes, jetés dans le désert. Combien d’hommes, de femmes, d’enfants laisserons-nous au bord du chemin ? Faut-il toujours construire des murs pour rompre les chaînes des solidarités humaines. Séparer les hommes d’autres hommes, le bonheur des uns du malheur des autres. Il est trop tard pour être pessimiste. Je sais qu’un homme même seul peut abattre tous les murs. Il est trop tard pour être pessimiste. Dans le monde 4 enfants sur 5 vont à l’école. Jamais l’instruction n’a été donnée à autant d’êtres humains. Chacun peut agir du plus pauvre au plus riche. Le Lesotho, l’un des pays les plus démunis de la planète est celui qui investit le plus largement ses richesses dans l’éducation.

Le Quatar l’un des pays les plus riches s’ouvre aux meilleures universités du monde. La culture, l’éducation, la recherche, l’innovation sont des ressources inépuisables. Face au malheur et aux souffrances, des millions d’ OGN apportent la preuve que la solidarité des peuples est plus forte que l’égoïsme des nations. Au Bangladesh, un homme a eu l’idée de créer une banque impensable, elle ne prête qu’aux pauvres. En 30 ans à peine elle a changé la vie de 150 millions de personnes dans le monde.

L’Antarctique est un continent aux ressources immenses que personne ne pourra plus s’approprier. Une réserve dédiée à la paix et à la science un traité signé par 49 états en a fait le bien de l’humanité entière. Il est trop tard pour être pessimiste. Les gouvernements protègent près de 2 % de leur eau territoriale. C’est peu, mais c’est déjà 2 fois plus qu’il y a 10 ans. Les premiers parcs naturels ont un peu plus 1 siècle. Ils recouvrent plus de 13 % des continents. Ils créent des espaces où l’activité humaine se conjugue à la préservation des espèces, des sols et des paysages. Cet accord des hommes peut devenir la règle et non plus l’exception. Aux Etats-Unis, New York a compris les services que rend la nature.

Ses forêts et ses lacs fournissent l’eau potable de toute la ville. En Corée du Sud, les forêts avaient été dévastées lors de la dernière guerre. Grâce à un programme national de reboisement, elle couvre de nouveau 65 % de la surface du pays. Plus de 75 % du papier est recyclé. Le Costa Rica a fait son choix entre dépenses militaires et préservation de son territoire. Le pays n’a plus d’armée. Il a préféré mettre ses ressources dans l’éducation, l’écotourisme et la protection de sa forêt primaire. Le Gabon est l’un des plus grands producteurs de bois au monde. Il a imposé la coupe sélective. Pas plus d’un arbre pour chaque hectare. Sa forêt est l’une de ses principales ressources économiques. Mais elle a le temps de se régénérer. Des labels existent qui garantissent la bonne exploitation des forêts. Ils doivent devenir la norme obligatoire.

Entre producteurs et consommateurs, la justice est une chance pour tous. Quand le commerce est équitable qu’il bénéficie à la fois au vendeur et à l’acheteur, chacun peut faire prospérer son travail et en vivre dignement. Quelle justice et quelle équité peuvent-elles s’établir entre celles qui travaillent à la main et ceux qui engrangent leur récolte à la machine avec l’aide de leurs Etats.

Soyons des consommateurs responsables. Réfléchissons à ce que nous achetons. Il est trop tard pour être pessimiste. J’ai vu une agriculture à la mesure de l’homme. Elle peut nourrir la terre entière, si la production de viande n’accapare pas la nourriture des hommes. J’ai vu des pêcheurs responsables de leurs prises et soucieux de la prospérité des mers. J’ai vu des maisons produisant leur propre énergie. 5 000 personnes vivent dans le premier éco quartier construit au monde à Fribourg en Allemagne. Des villes s’unissent à ce projet. Bombay est la millième à les rejoindre. Les gouvernements de la Nouvelle Zélande, de l’Islande de l’Autriche et de la Suède et d’autre encore ont décidé que le développement des énergies renouvelables serait leur priorité. Je sais que 80 % de l’énergie que nous consommons viennent des énergies fossiles.

Chaque semaine, deux nouvelles centrales à charbon se construisent rien qu’en Chine. Mais j’ai vu au Danemark, un prototype de centrale au charbon qui rejette son carbone dans le sol plutôt que dans l’air. Une solution pour l’avenir ? Nul ne le sait

encore. J’ai vu en Islande une centrale électrique alimentée par la chaleur de la terre. La géothermie. J’ai vu un serpent de mer. Posé sur la houle pour utiliser l’énergie des vagues et produire de l’électricité. J’ai vue des éoliennes dressées sur les rives du

Danemark. Elles fournissent 20 % de l’électricité du pays. Les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, l’Allemagne, l’Espagne sont les premiers à investir dans les énergies renouvelables. Elles ont déjà créé plus de 2,5 millions d’emplois. Sur quelle terre au monde le vent ne souffle t’il pas ? J’ai vu des étendues désertiques éclatantes de soleil. Si tous sont liés sur la terre, la terre est liée au soleil. Sa première source d’énergie. Ce que le végétal a fait en capturant sont énergie, les hommes ne peuvent-ils pas le faire ? En 1 heure le soleil donne à la terre l’énergie consommée par toute l’humanité en

1 an. Tant que la terre existe. L’énergie du soleil est inépuisable. Il suffit de cesser de fouiller le sol et de lever les yeux vers le ciel. Il suffit d’apprendre à cultiver le soleil. Toutes ces expériences ne sont que des exemples. Mais elle témoigne de l’éveil des consciences. Elles tracent les voies d’une nouvelle aventure humaine fondée sur la mesure, l’intelligence et le partage.

C’est le moment d’aller à la rencontre l’un de l’autre. Car ce qui est important, ce n’est pas ce que nous avons perdu, mais ce qu’il nous reste. Il nous reste la moitié des forêts du monde, des milliers de rivières de lac et de glaciers. Des milliers d’espèces bien vivantes encore. Nous savons très bien qu’aujourd’hui des solutions existent.

Nous avons tous le pouvoir de changer. Alors, qu’est-ce que l’on attend ?

À nous d’écrire la suite de notre histoire. Ensemble.

Publié le August 17, 2017

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